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BELGIUM - EUROVISION - FINAL

Article – Un métier comme un autre – Mars 2005

«Un métier comme un autre!»

Interview réalisé par le site DH.net

Propos recueillis par Eddy Przybylski Publié le mardi 22 mars 2005 à 07h21

Nuno Resende, notre représentant à l’Eurovision, a déjà tant connu, dans la chanson
BRUXELLES C’était un petit quart d’heure après l’annonce de sa victoire. Nuno Resende portait toujours sa longue veste blanche de scène: «Quand Alec Mansion m’a suggéré de présenter une chanson à l’Eurovision, j’avais du mal à imaginer où j’allais. Et maintenant, je n’en reviens toujours pas! Mais tout est dans ma chanson, Le grand soir. J’en ai rêvé, j’ai beaucoup prié et j’ai attendu! Bon, je ne suis pas catholique mais si un terme existe pour exprimer ce que j’ai vécu ces derniers jours, oui, cela peut être le mot prier

L’avantage énorme que Nuno Resende avait, dimanche soir, sur sa jeune adversaire, Tiffany Ciely, c’était son expérience. Qui s’exprimait à travers une voix sûre et riche de toutes les intonations possibles. Mais aussi la maturité scénique. Notre représentant à l’Eurovision de Kiev (en demi-finale, le 20 mai) est âgé de presque 32 ans et il a déjà connu bien des hauts dans le métier de la chanson: «Et pourtant, j’ai commencé tard! Je suis donc né à Porto, au Portugal, et mes parents sont arrivés en Belgique alors que j’avais 12 ans. Ils étaient fonctionnaires à la Communauté européenne. Je n’ai commencé à chanter qu’à l’époque de l’université. On avait formé des groupes et nous répétions dans des caves un répertoire hard rock qui m’a fait exploser la voix. J’ai donc arrêté. Après, j’ai découvert le karaoké et c’est là que des producteurs ont commencé à s’intéresser à moi.»En 1997, Nuno Resende s’inscrivit à Pour la Gloire. Où le futur chanteur de l’Eurovision fut éliminé… au premier tour. «Je voulais chanter SOS d’un terrien en détresse. Mon adversaire aussi. J’ai dû changer de titre en dernière minute et j’ai fait Bohemians Rhapsody. On s’est retrouvé à deux voix contre deux et il a eu 52% des voix du public.»

Mais Nuno était déjà remarqué par Alec Mansion qui montait un groupe, La Teuf, avec une chanson proposée déjà pour l’Eurovision: «Nous nous sommes retrouvés dans la finale belge, en 2000. Nous étions quatre dans le groupe, parmi dix concurrents. L’enjeu était très différent par rapport à ce dimanche où je me chantais seul contre une jeune demoiselle toute fraîche. Nous n’étions que deux à souffrir, avec un sentiment de quitte ou double très stressant.»

A l’époque de La Teuf, Nuno fut engagé dans une comédie musicale belge, La belle et la bête. Puis, après castings, il se retrouvait à Paris, entre 2000 et fin 2002, dans l’équipe de Roméo et Juliette. Avec le succès que l’on sait. Dans la foulée, il était engagé pour une autre comédie musicale parisienne, Les demoiselles de Rochefort, qui n’a pas eu le même succès. La dernière eut lieu à Forest National, le 30 décembre 2003. «Après, j’ai ouvert un restaurant-karaoké, avenue Buyl, à Bruxelles. Où je continue à chanter. Mais j’ai aussi fait des choeurs pour Alec Mansion ou des gingles pour RTL et Vivacité. C’est amusant aussi. On s’entend à la radio. On se dit: Tiens! C’est moi! Mais personne ne le sait.»

Nuno Resende a connu l’époque de la gloire, avec Roméo et Juliette. Il s’est retrouvé ensuite chanteur de studio et animateur de karaoké. Avec une analyse extrêmement lucide sur son parcours: «Quand j’ai débuté en Belgique, on était limité à de petits budgets. Avec Roméo et Juliette, j’ai vécu dans le cadre d’une superproduction, avec une machinerie immense et 120 personnes sur les routes. Mais moi, là-dedans, je n’étais que doublure. Donc un peu dans l’ombre. Ce qui me permettait d’avoir un certain recul par rapport à ceux qui étaient devant. A l’époque, je me disais: C’est génial pour eux! J’en ai vu qui restaient humbles. D’autres se sont pris la tête. Et aujourd’hui, on ne parle plus d’eux. Ce qui prouve que la chanson est vraiment un métier comme un autre. Un chauffeur de bus en fin de contrat n’attend pas qu’on vienne à lui. C’est lui qui doit se démener pour se trouver un travail. Artiste, c’est la même chose. Rien n’est jamais acquis.»

© La Dernière Heure 2005

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